Le temps

Courir, vite, aller, faire, ne pas s’arrêter au risque de disparaître.

 

Le temps 

J’étais en retard, le pied déterminé, marchant dans la rue. Je tente désespérément de rattraper cette poignée de minutes qui me manque. Quand j’y réfléchis, elle me manque depuis tant d’années… Je cours pour les rattraper à chaque instant. Mais ce jour-là, quelque chose s’est passé. Devant moi, sur le trottoir, une vieille dame. Appuyée sur le muret qui longe une maison patricienne, elle reprend son souffle. Elle a à côté d’elle un chariot à commission.

 

Malgré mon retard, je m’enquiers de sa situation. Je m’arrête et lui demande si tout va bien. Je me dis en moi-même qu’elle doit avoir besoin d’aide puisqu’elle est arrêtée. Elle lève la tête et me regarde. Elle reprend son souffle gentiment. Son regard est doux et calme, une lueur de tranquillité me surprend. « C’est très gentil à vous » me répondit-elle « mais je fais les courses pour ma voisine. Je prends mon temps, je ne suis pas pressée » et rajoute avant de poursuivre son chemin « j’ai assez couru dans ma vie… ». Je la regarde partir, tranquillement alors que moi, arrêtée, j’accumule de nouvelles minutes de retard.

 

Soudainement, je pense à mon fils. Dans la fleur de l’âge, il veut tout faire, tout le temps, tout de suite. Il discute avec ses amis, tout en préparant ses affaires de grimpe et imaginant ce qu’il va faire après. Il court, se dépêche, avance. Il tente d’accélérer, d’avancer toujours plus vite pour faire toujours plus de choses.

 

J’ai repris ma marche mais ma tête me gratte. Est-ce vraiment cela qui me permet de vivre pleinement ma vie privée et professionnelle ? Est-ce cela qui me rend performante ? J’essaie de réfléchir. Est-ce que ces derniers temps, en courant dans tous le sens, je n’ai pas manqué l’essentiel ? Est-ce que j’ai été présente comme je le devrais pour les gens qui m’entourent ? Parfois, j’ai l’impression de perdre le contrôle, d’avoir de la peine à suivre. Je me dis alors que la vitesse n’est pas la solution. Faire plus de choses ne m’amène ni plus de résultats professionnels, ni une meilleure qualité de vie.

 

La vitesse est l’ennemi de l’observation et l’observation à besoin de temps. Observer ce qui nous entoure, les gens, la nature, mes collègues. Prendre le temps de faire une chose à la fois, de s’y consacrer pleinement. Prendre le temps de se mettre dans les chaussures de l’autre, de faire preuve d’empathie. La vitesse nous oblige à nous concentrer sur nous-même afin de ne manquer aucun virage.

 

Or l’écoute et l’empathie ont besoin de temps, de présence. Elles nous permettent de mieux comprendre l’autre. Du point de vue privé, d’être là pour sa famille, ses amis quand ils ont besoin de nous. Du point de vue professionnel, d’être là pour ses clients pour nous assurer de bien comprendre leurs attentes et leurs problématiques.

 

Je décide de ralentir mon pas. J’envoie un message à la personne avec qui j’ai rendez-vous. J’aurai un peu de retard et m’en excuse. Sa réponse me fait sourire… il n’est pas pressé, il a un livre et lit en m’attendant.

 

Je profite de ce moment. J’observe autour de moi, je prends le temps d’être présente. Je m’observe marcher, j’observe autour de moi, je suis là.

 

Nous avons tous tendance à accélérer alors que nous devrions plutôt prendre le temps de freiner, d’être là à cet instant. Notre cerveau à de grandes capacités mais finalement, ne fait qu’une chose après l’autre, une chose à la fois.

 

Aller vite n’a que rarement apporté quelque chose de positif. A l’inverse être là, ici et maintenant, est toujours positif. Avant de terminer la lecture de cet article, arrêtez-vous un instant, fermez les yeux, respirez. Profitez de cet instant pour être là, ici et maintenant. Reprenez votre souffle et ralentissez.

 

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